Votre ciel · 7 min de lecture
Par Lucas Almazar · mis à jour le 9 octobre 2026
Les milliardaires et l'astrologie : ce que les puissants ont toujours su
Un banquier de Wall Street, une reine d'Angleterre, la Maison-Blanche des années 1980 : derrière certaines grandes décisions, il y avait une question que les puissants posent rarement en public. Pas « quoi ? », mais « quand ? ».
Il y a une phrase que l'on prête à J. P. Morgan, le banquier le plus puissant de son époque :
Les millionnaires ne croient pas à l'astrologie. Les milliardaires, si.
Phrase attribuée à John Pierpont Morgan
Je vais être honnête avec vous dès la première ligne, parce que c'est comme ça que je travaille : personne n'a jamais retrouvé de source écrite où Morgan dit exactement cela. La phrase circule depuis des décennies, d'un livre à l'autre. Elle est peut-être apocryphe.
Mais ce qui est documenté est presque plus intéressant que la citation.
La femme que Wall Street consultait
Au tournant du XXe siècle, à New York, une femme reçoit dans un studio au-dessus du Carnegie Hall. Elle s'appelle Evangeline Adams. Elle est issue d'une vieille famille de la Nouvelle-Angleterre, apparentée, disait-elle, à deux présidents des États-Unis. Elle est astrologue.

Dans ses mémoires, elle raconte que J. P. Morgan faisait partie de ses clients, et qu'il l'interrogeait sur les marchés, la politique, et le bon moment pour agir. Là encore, c'est son témoignage, pas un document de la banque. Mais Adams n'était pas une diseuse de bonne aventure de quartier. Sa clientèle comptait des artistes, des industriels, des célébrités de Broadway.
En 1914, elle est arrêtée pour « divination », un délit à New York. Au procès, elle demande au juge de lui donner la date, l'heure et le lieu de naissance d'une personne qu'elle ne connaît pas. Elle lit le thème devant la cour. Selon le récit qui a fait sa légende, la personne était le fils du juge. Ce qui est certain, c'est que le juge l'acquitte, et déclare qu'elle a élevé l'astrologie « à la dignité d'une science exacte ».
Quelques années plus tard, son émission de radio est écoutée par des millions d'Américains.
La reine qui avait fait choisir sa date
Remontons de trois siècles et demi.
En novembre 1558, Élisabeth Iʳᵉ devient reine d'Angleterre. Avant de fixer la date de son couronnement, elle fait appel à John Dee, le savant le plus étonnant de son royaume : mathématicien, géographe, conseiller de la marine, bibliothécaire, et astrologue.

Dee étudie le ciel et choisit une date : le 15 janvier 1559. C'est ce jour-là qu'Élisabeth est couronnée à Westminster.
Elle va régner quarante-quatre ans. Son règne restera dans l'histoire sous le nom d'âge d'or élisabéthain : la victoire contre l'Invincible Armada, Shakespeare, l'essor du commerce maritime. On peut discuter à l'infini du rôle des étoiles dans tout cela. Mais un fait demeure : une des souveraines les plus habiles de l'histoire n'a pas laissé au hasard le moment où son règne commençait.

La Maison-Blanche et l'astrologue de San Francisco
Faisons un bond jusqu'aux années 1980.
En mars 1981, Ronald Reagan est grièvement blessé lors d'une tentative d'assassinat. Son épouse, Nancy Reagan, est bouleversée. Elle entre alors en contact avec une astrologue de San Francisco, Joan Quigley.
Pendant des années, en toute discrétion, Quigley va conseiller la première dame sur le calendrier du président : les dates des voyages, des discours, des conférences de presse, et même de certaines rencontres diplomatiques.
L'histoire éclate en 1988, quand l'ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche, Donald Regan, la raconte dans ses mémoires. Nancy Reagan la confirme dans les siens, en expliquant qu'elle voulait avant tout protéger son mari. Quigley publie à son tour un livre sur ces années.

L'homme le plus puissant du monde avait donc un agenda dont une partie était réglée sur le ciel. Pas pour savoir quoi faire : pour savoir quand.
Ce que les puissants demandent vraiment
Voilà le point commun de toutes ces histoires, et c'est celui qui m'intéresse.
Les gens ordinaires demandent à l'astrologie : qu'est-ce qui va m'arriver ? Les gens qui décident demandent autre chose. Ils posent trois questions.
- Quand ? Quel jour, quelle heure, pour signer, lancer, annoncer, partir.
- Où ? Dans quelle ville, quel pays, quel lieu le ciel est-il le plus favorable.
- Avec qui ? Quels associés, quels partenaires, quelles alliances.
Ils ne cherchent pas une prophétie. Ils cherchent un avantage. Un petit pourcentage en plus, sur des décisions qui pèsent lourd.
Pensez-y comme un investisseur. Si une décision engage des millions, consacrer quelques heures à choisir le meilleur moment n'est pas de la superstition. C'est de la gestion du risque.

Ce que j'ai vu autour de moi
J'ai eu la chance de vivre et de travailler dans des endroits où l'argent circule vite : les États-Unis, le Moyen-Orient, la Riviera, Singapour, Hong Kong.
Ce qui m'a frappé, c'est que dans certaines cultures, choisir le bon moment n'a rien d'ésotérique. À Hong Kong ou à Singapour, beaucoup de dirigeants ne signeraient pas un bail, n'ouvriraient pas une boutique, ne fixeraient pas la date d'un mariage sans consulter un calendrier favorable. On ne s'en cache pas. On le fait, comme on consulte un avocat.
En Europe, on en parle moins. Mais on le fait aussi, plus souvent qu'on ne l'imagine.
Les trois outils des puissants
Si je résume ce que ces gens utilisaient, il y a trois techniques. Ce sont exactement celles que j'utilise pour mes clients.
1. L'astrologie élective : choisir le jour. C'est ce qu'a fait John Dee pour Élisabeth. On cherche la date et l'heure où le ciel soutient ce que l'on veut commencer. Je vous en parle en détail dans l'astrologie élective.
2. La révolution solaire : lire l'année. Chaque année a sa propre carte du ciel, qui commence à la seconde où le Soleil revient à sa place de naissance. Elle dit quels domaines seront à l'honneur, et quand pousser. C'est l'objet de la révolution solaire.
3. L'astrocartographie : choisir le lieu. Certaines villes placent vos planètes favorables au-dessus de votre tête. D'autres non. C'est ce que montrent les lignes de l'astrocartographie, et ce que pratique le séjour anniversaire.
Pourquoi ce n'est pas réservé aux milliardaires
Il y a cent ans, faire calculer un thème demandait des heures de travail à la main, avec des tables d'éphémérides et des logarithmes. C'était un luxe.
Aujourd'hui, j'ai construit mes propres outils de calcul. Ce qui prenait une journée prend quelques secondes. Ce qui reste long, et précieux, c'est la lecture : comprendre ce que dit votre ciel, pour votre question, à votre moment de vie.
Le « quand » des puissants n'est plus réservé aux puissants. Il est à la portée de toute personne qui a une décision importante à prendre et qui veut mettre toutes les chances de son côté.
Et maintenant, vous
Prenez une feuille. Écrivez la prochaine grande décision de votre année : une signature, un lancement, un déménagement, une demande, un voyage.
Puis posez-vous les trois questions des puissants : quand, où, avec qui ?
Si vous n'avez pas la réponse, c'est exactement là que j'interviens.
Questions fréquentes
J. P. Morgan a-t-il vraiment dit que les milliardaires utilisent l'astrologie ?
La phrase lui est attribuée depuis longtemps, mais aucune source écrite de Morgan ne la confirme. Evangeline Adams, astrologue new-yorkaise, a écrit qu'il comptait parmi ses clients.
John Dee a-t-il choisi la date du couronnement d'Élisabeth Iʳᵉ ?
Oui, c'est l'un des épisodes les mieux connus de sa vie : il est chargé de déterminer une date favorable, et le couronnement a lieu le 15 janvier 1559.
Nancy Reagan consultait-elle une astrologue ?
Oui. Joan Quigley a conseillé la première dame sur le calendrier du président Reagan après l'attentat de 1981. L'affaire a été révélée en 1988 et confirmée par Nancy Reagan elle-même.
Qu'est-ce que l'astrologie élective ?
C'est l'art de choisir le jour et l'heure d'un commencement : une signature, une ouverture, un mariage, un voyage. On cherche le moment où le ciel soutient l'action.
Faut-il être riche pour faire choisir son moment ?
Non. Les calculs, autrefois longs et coûteux, sont aujourd'hui rapides. Ce qui demande du temps, c'est la lecture, adaptée à votre question.


