Un homme plongé dans la lecture de son journal, dessin du XIXe siècle

Chance · 5 min de lecture

Par Lucas Almazar · mis à jour le 9 octobre 2026

L'expérience du journal : pourquoi les malchanceux ne voient pas la chance

Un psychologue donne un journal à des volontaires et leur demande de compter les photos. Sur la deuxième page, en lettres géantes, la réponse est écrite. Les chanceux la voient en quelques secondes. Les malchanceux mettent deux minutes à compter. Cette expérience change la façon de voir la chance.

Je vais vous raconter une expérience qui tient en une page de journal.

Elle a été menée par Richard Wiseman, un psychologue britannique, professeur à l'université du Hertfordshire. Wiseman avait une obsession : comprendre pourquoi certaines personnes ont de la chance et d'autres non.

Pendant des années, il a passé des annonces dans la presse : « Vous vous considérez comme particulièrement chanceux, ou particulièrement malchanceux ? Contactez-moi. » Des centaines de personnes ont répondu. Il les a interrogées, suivies, testées.

Et un jour, il leur a tendu un journal.

Comptez les photos

La consigne était simple : feuilletez ce journal et comptez le nombre de photographies.

Les volontaires se mettent au travail. Page après page, ils comptent. Les malchanceux, en moyenne, mettent environ deux minutes.

Les chanceux, eux, mettent quelques secondes.

Pourquoi ? Parce que sur la deuxième page du journal, Wiseman avait glissé une grande annonce, en lettres de plusieurs centimètres de haut :

« Arrêtez de compter. Il y a 43 photographies dans ce journal. »

Les chanceux la voyaient. Les malchanceux, concentrés sur leur tâche, passaient à côté.

Un lecteur absorbé par son journal, croquis de Francis William Edmonds, XIXe siècle (Metropolitan Museum of Art, CC0).
Un lecteur absorbé par son journal, croquis de Francis William Edmonds, XIXe siècle (Metropolitan Museum of Art, CC0).

La deuxième annonce

Wiseman avait prévu une deuxième surprise, au milieu du journal. Une autre annonce, tout aussi visible :

« Arrêtez de compter. Dites à l'expérimentateur que vous avez vu ceci, et gagnez 250 livres. »

Une fois de plus, beaucoup de malchanceux sont passés à côté. Ils étaient trop occupés à chercher des photos pour voir l'argent qu'on leur offrait.

Relisez cette phrase. Elle résume des milliers de vies.

La chance est une affaire d'attention

La conclusion de Wiseman est limpide : les malchanceux ne manquent pas d'occasions, ils ne les voient pas.

Il a poussé l'analyse plus loin. Il a constaté que les malchanceux sont en moyenne plus tendus, plus anxieux. Or l'anxiété rétrécit le champ de vision. Dans une autre expérience classique de psychologie, quand on demande à des gens de fixer un point au centre d'un écran, ceux qui sont détendus remarquent beaucoup mieux ce qui apparaît sur les côtés. Les anxieux, eux, ne voient que le centre.

Les chanceux, eux, sont plus détendus, plus ouverts, plus curieux. Ils voient le centre et les bords. Ils remarquent l'annonce, la personne intéressante à la soirée, l'offre d'emploi dans un coin de journal.

La chance ne frappe pas plus souvent à la porte des chanceux. Ils ont simplement la porte entrouverte, et ils entendent quand on frappe.

L'École de la chance

Wiseman ne s'est pas arrêté au constat. Il a voulu savoir si on pouvait apprendre à avoir de la chance.

Il a créé ce qu'il a appelé une École de la chance. Pendant un mois, des volontaires ont suivi des exercices simples, destinés à leur faire adopter les habitudes des chanceux. Antoine en racontait les quatre grands principes, que je vous invite à lire dans les 4 principes des gens chanceux.

Le résultat, d'après Wiseman : à la fin du mois, une large majorité des participants, environ quatre sur cinq, disaient se sentir plus chanceux et plus heureux. Ceux qui se croyaient maudits avaient commencé à voir leur vie autrement.

Je ne vais pas vous dire que c'est une preuve définitive. Wiseman lui-même présente ses travaux avec prudence. Mais l'idée est puissante : la chance n'est pas seulement un don, c'est aussi une compétence.

Trois exercices de Wiseman, à ma façon

Voici trois exercices inspirés de ses travaux. Je les pratique, et je les recommande à mes clients.

1. Le journal de chance. Chaque soir, notez une seule chose qui vous est arrivée de bien dans la journée, même minuscule. Au bout de trois semaines, votre cerveau commence à la chercher tout seul. Et ce qu'on cherche, on finit par le voir.

2. Le changement de routine. Une fois par semaine, faites quelque chose différemment : un autre trajet, un autre restaurant, une conversation avec quelqu'un que vous n'auriez jamais abordé. Wiseman rapporte qu'un de ses volontaires se fixait une règle à chaque soirée : parler à une personne portant une couleur qu'il avait choisie à l'avance. Juste pour sortir de ses habitudes.

3. La question de la page deux. Quand vous êtes concentré sur un problème, posez-vous régulièrement cette question : qu'est-ce que je ne vois pas, en ce moment, parce que je suis trop concentré ? C'est la question qui fait voir l'annonce.

Trois trèfles à quatre feuilles : on les trouve rarement en les cherchant trop fort (photo SWT666, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0).
Trois trèfles à quatre feuilles : on les trouve rarement en les cherchant trop fort (photo SWT666, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0).

Ce que l'astrologie ajoute

On pourrait croire que Wiseman et l'astrologie s'opposent. L'un parle d'attention, l'autre d'étoiles. Je pense qu'ils se complètent.

Wiseman explique comment voir la chance. L'astrologie aide à savoir quand et où regarder. Il y a des jours où la Lune passe sur votre point de chance, des périodes où Jupiter active votre thème, des lieux où vos planètes favorables sont mises en avant. Ces jours-là, l'annonce de la page deux est peut-être un peu plus grande que d'habitude.

C'est exactement pour ça que j'ai construit les outils de votre espace : pour que vous sachiez quels jours ouvrir les yeux un peu plus grand. Vos jours favorables sont un bon point de départ.

Et maintenant, vous

Ce soir, avant de dormir, écrivez une chose qui vous est arrivée de bien aujourd'hui. Une seule.

Demain, prenez un autre chemin.

Et cette semaine, quand vous serez absorbé par une tâche, levez la tête et demandez-vous ce que vous êtes en train de ne pas voir.

Puis ouvrez votre espace gratuit : votre ciel du jour vous y attend, chaque matin.

Questions fréquentes

Qui est Richard Wiseman ?

Un psychologue britannique, professeur à l'université du Hertfordshire, auteur de The Luck Factor (Le Facteur chance), consacré à ses recherches sur les personnes chanceuses et malchanceuses.

En quoi consiste l'expérience du journal ?

Des volontaires devaient compter les photos d'un journal. Une grande annonce sur la deuxième page donnait la réponse : il y avait 43 photos. Les personnes se disant chanceuses la remarquaient bien plus souvent que les autres.

Pourquoi les malchanceux ne voient-ils pas les occasions ?

Selon Wiseman, ils sont en moyenne plus tendus et plus focalisés sur leur tâche, ce qui réduit leur attention à ce qui se passe autour d'eux.

Peut-on apprendre à avoir de la chance ?

Wiseman l'a testé avec son École de la chance : après un mois d'exercices, une large majorité des participants disaient se sentir plus chanceux et plus heureux.

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