Les fines fleurs mauves de la verveine officinale

Chance · 7 min de lecture

Par Antoine de Saint-Christophe · mis à jour le 9 octobre 2026

La verveine, « vers la veine » : l'herbe sacrée qui accompagne tous les rites d'Antoine

Sur presque toutes ses fiches, de la sépulture du Mont des Géants à la chapelle de Mohiville, Antoine terminait par le même conseil : « Si vous pouvez, consommez toujours un peu d'alcool de verveine. » Pourquoi la verveine ? Parce que dans son nom même, il y a le chemin de la chance. Voici l'herbe sacrée des druides, la flamme de la Saint-Jean, et la façon dont Antoine s'en servait.

Dans le mot VERVEINE, il y a le mot VER et le mot VEINE. C'est-à-dire : vers la veine, vers la chance.

Fiche 2-111800, Antoine de Saint-Christophe

Si vous avez lu nos articles sur les lieux de chance, vous l'avez remarqué. À la fin de chaque fiche, Antoine glissait le même conseil, comme une signature : emportez avec vous une mignonnette d'alcool de verveine, et buvez-en un peu avant de vous rendre sur le lieu.

Au Mont des Géants, « avant l'ascension ». À Mohiville, « lorsque vous allez à Mohiville ». Devant les arbres à clous, « avant le rite ». Sur les tombes des bienfaiteurs liégeois, « comme pour toutes les sépultures émissives ».

Pourquoi la verveine ? Antoine lui avait consacré une fiche entière. La voici.

Vers la veine

Antoine commençait, comme souvent, par la langue des oiseaux, cette façon d'entendre les mots cachés dans les mots.

Dans verveine, il y a ver et il y a veine. Vers la veine. Vers la chance. Et ne dit-on pas, familièrement, « avoir de la veine » en amour ?

Pour Antoine, ce n'était pas un hasard. Le nom d'une plante dit sa nature. C'est le principe du nomen est omen, le nom est un présage, qu'il appliquait aux prénoms comme aux lieux. Lire : le nom est un présage.

Il avait d'ailleurs donné un titre à sa fiche : « Amplificateur de chance ».

L'herbe sacrée

La verveine pousse à l'état sauvage en Europe, en Afrique du Nord, en Chine et au Japon. Et partout, elle a été vénérée.

C'était l'une des plantes les plus sacrées des druides. Les Romains l'utilisaient pour purifier les maisons et les temples. Le médecin grec Dioscoride, au Ier siècle de notre ère, l'appelait tout simplement « l'herbe sacrée ».

Une petite plante discrète, aux tiges fines et aux minuscules fleurs mauves. Que l'on croise au bord des chemins sans la voir. Et que les prêtres de trois civilisations ont tenue pour un trésor.

La flamme de la Saint-Jean

Antoine appelait l'alcool de verveine « la flamme de la Saint-Jean ». Et pour comprendre ce nom, il faut remonter aux feux du solstice d'été.

Le solstice d'été, vers le 21 juin, est le jour le plus long de l'année : le jour où le soleil semble s'arrêter au plus haut du ciel. Le mot vient du latin sol stare, l'arrêt du soleil. Depuis la nuit des temps, on le fête en allumant de grands feux, car le feu est le symbole purificateur du soleil.

Au Ve siècle, l'Église a christianisé ces feux de joie et les a associés à saint Jean-Baptiste, né le 24 juin. La fête peut se prolonger jusqu'à la Saint-Pierre-et-Paul, le 29 juin : c'est le cycle de la Saint-Jean.

Ce jour-là, croyait-on, l'avenir se révélait aux humains, et les plantes acquéraient des propriétés merveilleuses.

Fiche de la verveine

Partout, les jeunes gens sautaient par-dessus le feu de la Saint-Jean : c'était un gage sûr de prospérité. On y passait parfois les herbes solaires cueillies cette nuit-là. Et parmi elles, la verveine, qui, macérée dans l'alcool, attirait la chance. Les charbons du feu, recueillis et dispersés aux croisements des chemins, passaient eux aussi pour magiques.

Un feu de la Saint-Jean. Photo Mouh2jijel, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons.
Un feu de la Saint-Jean. Photo Mouh2jijel, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons.

Ce que la verveine apporte

Pour Antoine, la verveine accompagne depuis toujours la quête de l'âme sœur et les liens d'amour, quand les deux le souhaitent. Il agit en renforçant le pouvoir d'intention et de résonance, les deux mots-clés de toute sa méthode.

Il précisait les moments où cet effet est le plus fort :

  • pendant les feux de la Saint-Jean ;
  • quand on porte certains bijoux ternaires, comme la médaille de la Trinité ;
  • lors d'un concours de synchronicité entre certaines personnes ;
  • et dans tous les lieux cosmo-telluriques et chargés d'égrégore. C'est la raison de son conseil sur toutes les fiches de lieux.

Antoine ajoutait un usage plus mystérieux. Prise chaque jour, de préférence aux heures de Vénus, par une personne qui porte sur elle une tectite ou une moldavite, la verveine éloignerait à tout jamais la malchance provoquée par la présence d'entités du bas astral.

Un flacon de Verveine du Velay et son verre : la « flamme de la Saint-Jean ». Photo Marianne Casamance, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons.
Un flacon de Verveine du Velay et son verre : la « flamme de la Saint-Jean ». Photo Marianne Casamance, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons.

Le secret du froid

Un conseil pratique, qu'Antoine donnait avec insistance : plus l'alcool de verveine est glacé, plus il agit. C'est pourquoi il recommandait de garder la bouteille au congélateur.

Et toujours, ajoutait-il, avec modération.

Les trois degrés d'efficacité

Antoine avait résumé dans un petit schéma la façon dont la verveine se combine avec d'autres éléments. Il y distinguait trois rôles : l'intention, l'amplificateur, qui est la verveine elle-même, et la résonance.

EfficacitéIntentionAmplificateurRésonance
Au-dessus de la normaleUn bijou trinitaireLa verveineUn hexagramme
ForteTrinité + quartz rose, turquoise ou améthysteLa verveineHexagramme + cristal de roche
Très forteIntention et résonance réuniesLa verveine

Et il tirait de ce schéma une règle générale :

Plus les éléments qui interviennent sont naturels, plus le captage est efficace.

Antoine de Saint-Christophe

Le règne végétal résonne dans la qualité originelle de la verveine, son lieu et son moment de récolte, comme pour la mandragore. Le règne minéral résonne dans la pureté et la taille des pierres : rondes, ou taillées en 3, 6, 9 ou 12 facettes. Et le règne animal résonne dans l'aura de la personne, débarrassée de toute nuisance.

Une affiche publicitaire de la liqueur Verveine du Velay, vers 1900. Domaine public.
Une affiche publicitaire de la liqueur Verveine du Velay, vers 1900. Domaine public.

Sans alcool aussi

Ceux qui ne boivent pas d'alcool n'étaient pas oubliés. La verveine se prend aussi en tisane, en eau florale, en huile essentielle, en savon à l'ancienne.

Mais pour son rôle d'amplificateur de chance, Antoine préférait la verveine macérée dans l'alcool : c'est l'alcool qui, selon lui, la transforme en véritable capteur.

Il citait aussi les eaux de toilette et parfums à la verveine. On respire profondément le flacon, puis on dépose une goutte sur l'intérieur de chaque poignet, sur chaque lobe d'oreille et entre les seins, une fois par jour. Ils agissent de la même façon, notait-il, mais coûtent beaucoup plus cher.

Et le vin de quinquina

Antoine consacrait une fiche voisine à un autre élixir de tradition : le vin de quinquina.

Le quinquina est un arbre d'Amérique du Sud, dont les feuilles figurent au cœur du drapeau du Pérou, autour d'un lama et d'une corne d'abondance. Son nom vient du quechua kina kina, « l'écorce des écorces ». Les jésuites s'en réservèrent longtemps le monopole. Et le poète Jean de La Fontaine lui consacra en 1682 tout un poème, le Poème du quinquina.

Pour Antoine, le quinquina est l'élixir de Mars : force, vitalité, protection. Il conseillait de le boire de préférence le mardi, aux heures de Mars, avec un pentacle de Jean-Pol de Kersaint posé sous la bouteille. La poudre de quinquina, brûlée avec de l'encens et une bougie rouge, servait aussi à protéger un lieu.

Et il rapportait une coutume liégeoise : beaucoup boivent ce breuvage, avec le pentacle de leur choix, puis vont enfouir la bouteille près de la fontaine de Notre-Dame de Wixhou, à Richelle.

Le conseil d'Antoine

Consommez toujours de l'alcool de verveine avec modération dans toute quête de grâce, ou lorsque vous utilisez un réalisateur d'intention.

Antoine de Saint-Christophe

Une mignonnette dans la poche, comme un compagnon de route. Vers la veine.

Découvrir les lieux où emporter votre verveine

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Photos : Tournasol7 (CC BY 4.0), Mouh2jijel (CC BY-SA 3.0), Marianne Casamance (CC BY-SA 4.0) et affiche du domaine public, via Wikimedia Commons.

Questions fréquentes

Pourquoi la verveine porterait-elle chance ?

Antoine partait de la langue des oiseaux : dans « verveine », on entend « vers la veine », vers la chance. La verveine était aussi l'une des plantes les plus sacrées des druides, et Dioscoride l'appelait « l'herbe sacrée ».

Comment Antoine utilisait-il l'alcool de verveine ?

Une mignonnette dans la poche, emportée lors de chaque visite d'un lieu de chance. Pour lui, la verveine renforce le pouvoir d'intention et de résonance. Toujours avec modération.

Pourquoi la garder au congélateur ?

Antoine le répétait : plus l'alcool de verveine est glacé, plus il agit.

Existe-t-il une version sans alcool ?

Oui : en tisane, en eau florale, en huile essentielle ou en savon. Mais pour son rôle d'amplificateur de chance, Antoine préférait la verveine macérée dans l'alcool.

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