Chance · 5 min de lecture
Par Lucas Almazar · mis à jour le 9 octobre 2026
Le cygne noir : se mettre sur le chemin de la chance
Les plus grands tournants d'une vie sont rarement prévus. Une rencontre, un appel, une idée. Le penseur Nassim Taleb les appelle des cygnes noirs. On ne peut pas les prédire, mais on peut se placer là où les bons ont le plus de chances d'arriver.
Pendant des siècles, les Européens ont été absolument certains d'une chose : tous les cygnes sont blancs.
Ils en avaient vu des milliers. Pas une seule exception. C'était une vérité d'expérience, aussi sûre que le lever du soleil.
Puis, à la fin du XVIIe siècle, des navigateurs hollandais débarquent en Australie. Et ils voient, glissant sur une rivière, un cygne noir.
Une seule observation a suffi pour renverser des siècles de certitude.
L'idée de Nassim Taleb
En 2007, un ancien trader devenu philosophe, Nassim Nicholas Taleb, publie un livre qui va devenir un best-seller mondial : Le Cygne noir.
Il appelle « cygne noir » un événement qui a trois caractéristiques :
- Il est imprévisible : personne ne l'avait vu venir.
- Il a un impact énorme : il change tout.
- Après coup, on se raconte qu'on aurait pu le prévoir.
Taleb montre que l'histoire du monde, et nos vies personnelles, sont façonnées bien plus par ces événements rares que par la routine. Une crise, une invention, une guerre. Et, à notre échelle : une rencontre, un coup de téléphone, un livre ouvert au hasard.
Les bons cygnes noirs
On parle souvent des cygnes noirs négatifs : les crises, les accidents. Mais Taleb insiste sur un point qui m'a frappé : il existe aussi des cygnes noirs positifs.
La rencontre qui devient l'amour d'une vie. Le message envoyé sans trop y croire qui débouche sur un projet. Le voyage décidé au dernier moment. L'ami d'ami qui connaît justement la bonne personne.
Pensez aux trois ou quatre plus grands tournants heureux de votre vie. Combien étaient prévus ? Je pose souvent cette question. La réponse est presque toujours la même : aucun.

On ne prédit pas. On se positionne.
C'est là que Taleb devient vraiment utile.
Puisqu'on ne peut pas prévoir les cygnes noirs, il est inutile d'essayer. En revanche, on peut se placer de façon à être exposé aux bons et protégé des mauvais.
Il appelle cela l'optionnalité : multiplier les situations où l'on risque peu et où l'on peut gagner beaucoup. Un café avec une personne intéressante ne coûte qu'une heure. Il peut changer une carrière. Envoyer un projet à dix personnes coûte une soirée. Une seule réponse positive peut tout changer.
Et il propose une image simple : la stratégie de l'haltère. D'un côté, beaucoup de sécurité : une base solide, un revenu stable, une vie protégée. De l'autre, une petite part de votre temps et de votre énergie consacrée à des petits paris audacieux, nombreux, peu coûteux, au potentiel énorme. Ce qu'on évite, c'est le milieu : les gros risques qui ne rapportent pas grand-chose.
Ce que l'astrologie ajoute à Taleb
Taleb se méfie des prévisions, et il a raison : personne ne peut prédire quel cygne noir arrivera.
Mais il y a une question que sa théorie laisse ouverte : quand multiplier les petits paris ? Si l'on ne peut pas tout tenter tout le temps, il faut bien choisir des moments.
C'est exactement là que j'interviens. L'astrologie ne dit pas ce qui va arriver. Elle indique les périodes où le vent souffle dans votre dos : les mois où Jupiter active votre thème, les semaines de votre révolution solaire qui mettent en lumière tel ou tel domaine, les jours favorables pour proposer, envoyer, rencontrer.
Taleb vous dit : multipliez les petits paris. Je vous dis : faites-en plus quand le ciel vous est favorable.
Votre haltère personnel
Voici un exercice que je donne souvent.
Côté sécurité, listez ce qui doit rester stable dans votre vie cette année : votre travail, votre santé, votre famille, votre épargne. Vous n'y touchez pas.
Côté audace, listez dix petits paris possibles pour les trois prochains mois. Des actions qui coûtent peu et peuvent rapporter beaucoup :
- écrire à une personne que vous admirez ;
- proposer un projet, même petit ;
- accepter une invitation que vous auriez refusée ;
- publier ce que vous savez faire ;
- partir deux jours dans une ville inconnue ;
- vous inscrire à un cours, un club, un groupe ;
- reprendre contact avec quelqu'un perdu de vue.
Puis répartissez ces dix paris sur vos meilleurs jours. C'est simple, et c'est redoutablement efficace.
Ce que je ne vous dirai pas
Je ne vous dirai pas quel cygne noir va arriver. Personne ne le peut, et méfiez-vous de ceux qui le prétendent.
Je ne vous donnerai pas non plus de conseils d'investissement : ce n'est pas mon métier, et l'idée de Taleb ne se résume pas à la Bourse. Ce que je fais, c'est vous aider à choisir les moments où il vaut la peine d'oser.
Et maintenant, vous
Écrivez vos dix petits paris. Choisissez-en un. Faites-le cette semaine.
Puis regardez vos jours favorables du mois, et placez les neuf autres dessus.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un cygne noir selon Taleb ?
Un événement imprévisible, à fort impact, que l'on explique après coup comme s'il avait été prévisible. Le terme a été popularisé par Nassim Nicholas Taleb dans son livre Le Cygne noir, en 2007.
Existe-t-il des cygnes noirs positifs ?
Oui : une rencontre décisive, une opportunité inattendue, une idée qui change tout. Taleb invite à s'y exposer plutôt qu'à les prédire.
Qu'est-ce que l'optionnalité ?
Le fait de multiplier les situations où l'on risque peu et où l'on peut gagner beaucoup, pour profiter des événements favorables imprévus.
Qu'est-ce que la stratégie de l'haltère ?
Combiner une base très sûre et une petite part de paris audacieux, en évitant les risques moyens. Appliquée à la vie, elle consiste à protéger l'essentiel tout en multipliant les petites tentatives.


