Le château de la Commanderie de Fouron-Saint-Pierre, reflété dans ses douves

Rituels · 7 min de lecture

Par Antoine de Saint-Christophe · mis à jour le 8 octobre 2026

Le rite teuton : la médaille, la fleur de sureau et la fontaine de la Commanderie de Fouron-Saint-Pierre

Une petite médaille dorée gravée en vieil allemand. Un arbre de fées aux fleurs blanches. Une fontaine scellée, au pied d'un château des chevaliers Teutoniques, dans les Fourons. Antoine présentait ce rite comme le plus grand secret de l'Ordre Teutonique, et il le donnait en trois étapes, avec une version pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer.

Soyez très discret lorsque vous communiquez cette information.

Avertissement en tête de la fiche d'Antoine

Antoine ouvrait sa fiche par un avertissement. Puis par une phrase qu'il n'écrivait pas souvent : « Le plus grand secret de l'Ordre Teutonique révélé au grand jour. »

Ce secret tient en trois choses : une médaille, un arbre et un lieu. Chacune vous fait parcourir, disait-il, un tiers du chemin.

Les chevaliers Teutoniques

L'Ordre Teutonique est né pendant les croisades, à la fin du XIIe siècle, pour protéger et soigner les pèlerins qui se rendaient en Terre sainte. C'était un ordre à la fois religieux et militaire, dont les membres prononçaient des vœux. Seule la noblesse de l'Empire germanique pouvait y entrer.

Au fil des conquêtes et des donations, l'Ordre accumula des châteaux et des fermes sur un immense territoire. Il existe encore aujourd'hui, en Autriche et en Allemagne, devenu un ordre spirituel tourné vers les soins, avec son siège à Vienne.

Chez nous, l'une de ses maisons se trouve dans les Fourons, entre Liège et Maastricht : la Commanderie de Fouron-Saint-Pierre. En 1234, racontait Antoine, un certain Daniel de Fouron entra dans l'Ordre, et sa propriété devint une commanderie. Tout le village lui appartint pendant des siècles, au sein de la grande commanderie d'Alden Biesen. Le château a reçu son apparence actuelle entre 1607 et 1626. Après la Révolution française, en 1798, l'Ordre perdit ses biens dans nos régions, et le château est aujourd'hui une propriété privée.

Premier tiers : la médaille

La première étape est une médaille. Antoine la décrivait avec précision :

  • en laiton doré, de 23 millimètres de diamètre, pesant 6 grammes ;
  • au recto, un soleil autour duquel gravitent huit symboles planétaires, encerclé d'une formule gravée en vieil allemand ;
  • au verso, une autre formule en vieil allemand, à laquelle l'ancienne tradition germanique prêtait d'étonnants pouvoirs, et surtout celui de favoriser les liens amoureux et affectifs.
  1. Glissez la médaille sur une chaîne à 108 billes, la même que celle du Pied du Bouddha.
  2. Suspendez-la à votre cou, le verso tourné vers votre corps.
  3. Portez-la neuf jours au maximum.

« À ce stade, écrivait Antoine, vous avez déjà fait un tiers du chemin, et votre vœu peut déjà être exaucé. »

Deuxième tiers : le sureau

La deuxième étape, c'est un arbre. Le sureau.

Antoine le disait magique à plus d'un titre. Son élément est le feu, son jour le vendredi : le sureau est lié à Vénus, la planète de l'amour. On disait autrefois que boucher les trous de serrure avec ses feuilles empêchait les mauvais esprits d'entrer, et que porter une feuille de sureau protégeait du malheur et écartait la haine et la jalousie. Planté près d'une maison, il la protégeait de la foudre et des voleurs.

C'est un arbre à fées. Au printemps, ses myriades de petites fleurs blanches « matérialisent », écrivait Antoine, la présence des elfes, et apportent la joie de vivre. Avec son bois, on taillait des sifflets et des bâtons magiques. Et Antoine notait avec malice que la baguette la plus célèbre de la littérature de jeunesse est, elle aussi, faite de sureau.

La fleur à cinq parties

Antoine s'attardait sur la fleur. La fleur de sureau a cinq parties : c'est une fleur entièrement pentatonique, construite sur le cinq. Et le cinq, rappelait-il, est partout dans le vivant : dans le pentagone, dans l'étoile à cinq branches où Léonard de Vinci inscrivit le corps humain, dans les cinq doigts de la main et du pied, jusque dans l'étoile de mer.

Pour lui, la fleur de sureau est un harmonisateur d'énergie, au même titre que le dodécaèdre, le solide aux faces pentagonales.

Le vœu de la fleur

Chaque fleur de sureau, disait Antoine, permet d'accomplir un vœu. Mais cette force peut être fortement amplifiée par deux leviers complémentaires : une formule, et un haut lieu vibratoire. « C'est ça, le véritable secret de l'Ordre Teutonique. »

Les Teutons, et les druides avant eux, faisaient macérer les fleurs de sureau dans l'alcool. Antoine en tirait la deuxième étape du rite :

  1. Pendant neuf jours au maximum, buvez peu à peu une bouteille d'alcool de fleur de sureau, toujours de la même marque, en gardant la médaille à votre cou jusqu'à ce que la bouteille soit terminée.
  2. Vous seul buvez cette bouteille. Et chaque fois, vous pensez au même souhait.
  3. Les mots n'ont pas d'importance : seule compte l'intention.

Il ajoutait que boire ce breuvage pendant les heures de Vénus apporte un plus, et que le processus est plus rapide chez ceux qui ont Vénus parmi leurs astres favorables. Pour renforcer l'intention, il conseillait de prononcer les syllabes sacrées od, er, im, is, al.

L'alcool se boit toujours avec modération. Si vous ne buvez pas d'alcool, Antoine proposait un parfum ou une eau de toilette à la fleur de sureau, ou un montage d'harmonisation avec un dodécaèdre et votre photographie argentique.

« À ce stade, vous avez parcouru les deux tiers du chemin. »

Troisième tiers : le lieu

La dernière étape scelle le vœu dans l'égrégore de l'Ordre.

Le haut lieu qu'Antoine désignait, c'est la source du Foron, une fontaine scellée au pied de la Commanderie de Fouron-Saint-Pierre. La légende veut que Charlemagne y ait été conçu. Le geste rappelle celui de la chapelle de Noblehaye : mordre un barreau de la grille, la médaille au cou.

Puis on boucle la boucle avec l'arbre : on enroule sa chaîne à 108 billes autour d'une branche vivante de sureau noir, Sambucus nigra. Antoine conseillait même d'en planter un dans son jardin : c'est, disait-il, un porte-bonheur très puissant.

La fontaine se trouve sur un terrain privé, qui n'est pas ouvert au public. On ne s'y rend jamais sans autorisation. C'est pour cela qu'Antoine avait prévu la version à distance qui suit.

Si vous ne pouvez pas vous déplacer

Antoine proposait de sceller le vœu chez soi, avec une croix choisie selon ses origines :

  • origine germanique : la croix teutonique ;
  • origine anglo-saxonne ou bretonne : la croix celtique ;
  • origine latine : la croix occitane.
  1. Reproduisez la croix en format A5, ou procurez-vous-en une.
  2. Encerclez-la avec votre chaîne à 108 billes.
  3. Posez la médaille au centre de la croix.
  4. Faites couler une chandelle du Bélier sur la médaille, en pensant très fortement à votre vœu.

Une fois la chandelle consumée, l'intention est scellée. Une pratique très ancienne consiste aussi à poser un peu de moelle de bois de sureau face à chaque angle de la croix.

Antoine pouvait aussi se charger lui-même du geste à la fontaine et au sureau, et en renvoyer la preuve en photo.

Où choisir son sureau

Antoine donnait des conseils précis pour choisir le sureau autour duquel enrouler sa chaîne. Privilégiez les endroits où il fait bon vivre : près d'un centre équestre (l'Ordre était avant tout un ordre de chevaliers), d'un hôtel de charme, d'une bonne table, d'un salon de thé animé. Évitez toujours les lieux de souffrance et de tristesse.

Il citait deux endroits des Fourons et des environs : les sureaux proches du château d'Altembrouck, à Fouron-le-Comte, qu'on dit « faciles », et celui de Millen, réputé plus « difficile ».

Après le rite

Antoine terminait, comme toujours, par un peu de vie. À la Commanderie, une pisciculture propose la truite à la carte. Et l'on y brasse une bière qui porte la croix de l'Ordre, la LOË. « N'hésitez pas, écrivait-il, à nous communiquer vos endroits, vos résultats, et ce que vous avez ressenti en dégustant une LOË sur place. »

« Il n'est pas du tout nécessaire d'être croyant pour réussir ce rite », ajoutait-il.

Le sureau, plante magique : ses légendes racontées par le Muséum de Toulouse Vidéo YouTube, chargée seulement si vous cliquez.
Vous voulez la médaille teutonique, ou qu'Antoine accomplisse pour vous le geste à la fontaine et au sureau ? Écrivez-lui en lui confiant votre vœu.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le rite teuton ?

Un rite en trois étapes qu'Antoine présentait comme le grand secret de l'Ordre Teutonique : porter une médaille gravée en vieil allemand, boire de l'alcool de fleur de sureau en pensant à son vœu, puis sceller le vœu à la source du Foron et autour d'un sureau.

Combien de temps porter la médaille ?

Neuf jours au maximum, sur une chaîne à 108 billes, le verso tourné vers le corps.

Pourquoi le sureau ?

Pour Antoine, c'est un arbre à fées lié à Vénus, et sa fleur à cinq parties est un harmonisateur d'énergie. Chaque fleur de sureau permet d'accomplir un vœu.

Peut-on se rendre à la fontaine de la Commanderie ?

Elle se trouve sur un terrain privé, qui n'est pas ouvert au public. On n'y va jamais sans autorisation. Antoine prévoyait une version à distance, avec une croix choisie selon ses origines et une chandelle du Bélier.

Faut-il boire de l'alcool ?

Non. Antoine proposait aussi un parfum à la fleur de sureau ou un montage avec un dodécaèdre. Et l'alcool se boit toujours avec modération.

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