Chance · 5 min de lecture
Par Lucas Almazar · mis à jour le 9 octobre 2026
Les synchronicités : quand la vie vous fait signe
Vous pensez à quelqu'un, et il vous appelle. Un mot revient trois fois dans la même journée. Un livre tombe ouvert à la bonne page. Jung appelait cela des synchronicités. Je vous explique comment les reconnaître, les noter, et ce qu'elles disent de votre chemin.
Ça vous est forcément déjà arrivé.
Vous pensez à une vieille amie que vous n'avez pas vue depuis dix ans. Le soir même, elle vous écrit. Vous hésitez à changer de travail, et dans la même journée, trois personnes différentes vous parlent du même métier. Vous cherchez une réponse, et une phrase entendue à la radio vous la donne mot pour mot.
On dit : « c'est drôle ». On sourit. Et on passe à autre chose.
Le psychiatre Carl Gustav Jung, lui, ne passait pas à autre chose. Il a donné un nom à ces moments : les synchronicités.
Une coïncidence qui a un sens
Une synchronicité, selon Jung, ce n'est pas n'importe quelle coïncidence. C'est une coïncidence qui a un sens pour la personne qui la vit.
Deux événements se produisent en même temps. Ils ne sont pas liés par une cause : votre pensée n'a pas « provoqué » l'appel de votre amie. Mais ils se répondent. Et cette rencontre vous frappe, comme un clin d'œil.
L'exemple le plus célèbre est celui du scarabée : une patiente raconte à Jung un rêve où on lui offre un scarabée d'or, et au même instant, un insecte doré frappe à la fenêtre du cabinet. Je raconte cette histoire en détail dans Jung et l'astrologie.

Hasard ou signe ?
Je vais être honnête, parce que c'est important.
Une partie des coïncidences s'explique très bien par le hasard. Nous pensons à des centaines de personnes chaque mois ; il est statistiquement normal que l'une d'elles appelle juste après. Notre cerveau est fait pour repérer des motifs, et il en voit parfois là où il n'y en a pas. Les psychologues ont un nom pour ça.
Mais voici ce que j'ai observé en vingt ans, et ce que beaucoup de gens observent : les synchronicités ne sont pas réparties au hasard dans une vie. Elles se concentrent. Il y a des périodes où il ne se passe rien, et des périodes où elles se multiplient, comme si la vie insistait.
Et ces périodes correspondent souvent à des moments de changement : une décision qui mûrit, un départ qui se prépare, une rencontre qui approche.
Les panneaux sur la route
Le physicien Philippe Guillemant, dont je parle dans changer de ligne de temps, va plus loin. Il fait l'hypothèse que les synchronicités apparaissent quand nous changeons de trajectoire de vie, comme des traces de ce changement.
On n'est pas obligé de le suivre jusque-là. Mais l'image est utile : les synchronicités sont des panneaux. Elles ne disent pas toujours où aller. Elles disent : « attention, il se passe quelque chose ici ».
Comment je travaille avec les synchronicités
Voici ma méthode, simple et sans mystère.
1. Je les note. Toutes. Dans un carnet ou sur mon téléphone : la date, l'heure si je l'ai, ce qui s'est passé, ce à quoi je pensais. C'est la règle numéro un. Une synchronicité non notée s'efface en quelques jours.
2. Je cherche le thème. Au bout de quelques semaines, je relis. Souvent, un thème apparaît : toujours le même pays, le même métier, le même prénom, le même symbole. C'est le fil.
3. Je regarde le ciel. Je compare les dates avec mon thème et ma révolution solaire de l'année. Il est fréquent que les synchronicités se regroupent autour d'un transit important, d'une nouvelle Lune, du passage de la Lune dans ma demeure de naissance, ou des semaines qui entourent mon anniversaire.
4. J'agis petit. Si les signes pointent vers quelque chose, je fais un petit pas dans cette direction. Un message, un appel, une visite. Je ne bouleverse pas ma vie sur une coïncidence. Je teste.
Trois façons de les inviter
On ne peut pas fabriquer une synchronicité. Mais on peut créer les conditions où on les remarque davantage.
Avoir une question claire. Les synchronicités semblent répondre à des questions. Quand vous ne vous demandez rien, vous ne voyez rien. Écrivez une question précise sur ce qui vous préoccupe en ce moment.
Ralentir. Les gens pressés ne voient pas les signes, comme les malchanceux de l'expérience du journal ne voyaient pas l'annonce. Dix minutes de calme par jour suffisent à changer votre attention.
Bouger. Les synchronicités arrivent rarement quand on fait toujours la même chose. Un nouveau lieu, de nouvelles personnes, un nouveau trajet : vous multipliez les occasions de croiser le bon signe.
Et maintenant, vous
Ouvrez un carnet, ou une note sur votre téléphone. Appelez-la « Signes ».
Pendant un mois, notez chaque coïncidence qui vous frappe, même petite. Datez-la.
Au bout d'un mois, relisez. Je parie que vous verrez un fil. Et si vous voulez savoir ce que votre ciel préparait à ces dates-là, je vous le montre.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une synchronicité ?
Le psychiatre Carl Gustav Jung appelle synchronicité une coïncidence qui a un sens pour la personne qui la vit : deux événements sans lien de cause apparent, mais qui se répondent.
Les synchronicités sont-elles du hasard ?
Beaucoup de coïncidences s'expliquent par le hasard et par la tendance du cerveau à voir des motifs. Jung pensait toutefois que certaines révèlent un lien de sens entre la psyché et le monde.
Comment reconnaître une synchronicité ?
Par l'effet qu'elle produit : une impression forte de clin d'œil, liée à une question ou à une situation que vous vivez. La noter et la dater permet ensuite de voir si un fil se dessine.
Peut-on provoquer des synchronicités ?
Non, mais on peut les remarquer davantage en ayant une question claire, en ralentissant, et en sortant de ses habitudes.


